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Les 7 étapes obligatoires du “Au revoir” chez nous (La n°4 va vous faire rire).

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Famille maghrébine qui discute sur le pas de la porte pendant un long au revoir.

L’art de la fausse sortie : Une discipline olympique chez nous

On connaît tous cette scène par cœur. Il est 22h30. Le thé est fini, les gâteaux ont été mangés, et le père de famille tape sur ses genoux en prononçant la phrase fatidique : “Bon, allez, on va y aller mchina.”

Dans n’importe quelle autre culture, cette phrase signale un départ imminent. Dans 5 minutes, tout le monde est dehors. Mais chez nous, au Maghreb ? Ah non. Cette phrase n’est que le début d’un tout nouveau rituel social. C’est le coup d’envoi d’une “prolongation” qui peut durer entre 45 minutes et une heure et demie.

Pourquoi est-on incapable de partir “sec” ? Pourquoi le pas de la porte devient-il soudain l’endroit le plus confortable du monde pour discuter ? En [Mode SEO], nous avons décortiqué pour vous les étapes de ce phénomène fascinant.

Étape 1 : La déclaration d’intention (Le faux départ)

Tout commence dans le salon. On se lève. Les hôtes se lèvent aussi, en protestant énergiquement : “Mais restez ! Il est tôt ! On va refaire du thé !”. C’est la première barrière à franchir.

C’est un test de volonté. Il faut jurer qu’on travaille demain, que les enfants ont école, ou que la route est longue. Une fois cette négociation terminée, on pense avoir fait le plus dur. On se dirige vers le couloir. Erreur de débutant. C’est là que le piège se referme.

Étape 2 : Le syndrôme du couloir (Le triangle des Bermudes)

C’est scientifiquement prouvé : 80% des discussions les plus intéressantes de la soirée ont lieu debout, dans le couloir, manteau sur le dos. C’est mystérieux. On a passé 4 heures assis confortablement dans le salon à parler de généralités, mais c’est une fois qu’on a mal aux pieds et qu’on transpire dans nos vestes que les vrais sujets sortent.

C’est là qu’on lance les derniers potins, qu’on règle les problèmes de famille, ou qu’on analyse la situation politique mondiale. Le couloir est une zone temporelle suspendue. On ne regarde plus sa montre.

Étape 3 : La zone des chaussures (Le point de non-retour)

On finit par atteindre la porte d’entrée. On commence à mettre nos chaussures. C’est une opération délicate qui demande de la concentration, surtout quand il y a 15 paires entassées. Et pourtant, c’est le moment précis que choisit la tante pour lancer un nouveau sujet : “Au fait, tu as des nouvelles de Hamid ?”.

Et c’est reparti pour 20 minutes. On est là, une chaussure mise, l’autre à la main, en équilibre instable, à écouter l’histoire de Hamid. C’est physiquement inconfortable, mais la politesse nous interdit de couper la parole. C’est la danse de la chaussure.

Étape 4 : La distribution des “Baraka” (Le chargement)

Vous pensiez partir les mains vides ? Impossible. La maîtresse de maison a disparu dans la cuisine pendant que vous mettiez vos chaussures. Elle revient avec des sacs.

  • Le reste du pain (parce que c’est Hram de jeter).
  • Une boîte de gâteaux pour les enfants.
  • Un plat qu’elle a cuisiné “juste pour que tu goûtes”.
  • Des fruits qu’elle a trouvés “beaux au marché”.

Vous refusez par politesse, elle insiste par honneur. Le chargement de la voiture devient une opération logistique. On ne quitte pas une maison maghrébine, on la déménage un peu.

Analyse sociologique : La peur du “vide” et l’hospitalité sacrée

Au-delà de la blague, ce rituel a une racine profonde. Dans notre culture, laisser partir l’invité brusquement est perçu comme un manque d’affection, voire une impolitesse. Raccourcir le “au revoir”, c’est donner l’impression qu’on est soulagé que l’invité parte.

Alors on fait durer. On accompagne jusqu’à la porte, puis jusqu’à l’ascenseur, puis jusqu’à la voiture. Même une fois dans la voiture, moteur allumé, la vitre se baisse pour les dernières recommandations : “Fais attention sur la route”, “Appelle quand tu arrives”, “Passe le bonjour à ta mère”.

C’est une manière de dire : “Votre présence nous a honorés, et on a du mal à vous laisser partir.” C’est de l’amour mal géré temporellement, mais c’est de l’amour quand même.

Comparaison : Le “Au revoir” occidental vs Le nôtre

Quand on observe nos amis occidentaux, le contraste est brutal. “Bon, on y va ? Allez, salut, merci pour tout !” Clap de fin. En 3 minutes, la maison est vide, la lumière est éteinte. C’est efficace. C’est pragmatique.

Mais soyons honnêtes… n’est-ce pas un peu froid ? Notre chaos, nos adieux interminables, nos “Allez, encore 5 minutes”, ne sont-ils pas la preuve que le lien social est plus fort que l’horaire ?

Conclusion : Gardons nos adieux interminables

Alors oui, c’est fatigant. Oui, on rentre toujours 1h plus tard que prévu. Oui, on se gèle sur le pas de la porte en hiver. Mais ce moment de transition, où l’on n’est plus vraiment invité mais pas encore parti, est peut-être le moment le plus sincère de nos relations.

La prochaine fois que vous serez coincé dans le couloir avec une chaussure à la main à écouter une histoire que vous avez déjà entendue trois fois, souriez. C’est ça, la famille.

Et vous, quel est votre record personnel pour un “au revoir” ? Avez-vous déjà réussi l’exploit de partir en moins de 10 minutes ? Dites-le-nous en commentaire !