Le duel des perles de la Méditerranée : Fierté nationale vs Géant d’Instagram
C’est une phrase qu’on entend souvent, lancée avec un mélange de fierté et de complexe d’infériorité : “Sidi Bou Saïd, c’est le petit Santorin tunisien”. Sur le papier, la comparaison est inévitable. Deux villages perchés sur une falaise, une palette de couleurs binaire – le blanc aveuglant de la chaux et le bleu profond de la mer – et une lumière qui rend fou n’importe quel photographe.
Santorin, l’île grecque des Cyclades, est devenue la superstar mondiale d’Instagram, le rêve absolu des lunes de miel. Mais chez nous, sur la colline surplombant le golfe de Tunis, nous avons notre propre joyau. Alors, en [Mode SEO], nous avons décidé de poser la question qui fâche : Sidi Bou Saïd est-il juste une “version économique” de Santorin, ou possède-t-il une âme qui surpasse son rival grec ?
Attachez vos ceintures, on lance le match le plus esthétique de la Méditerranée.
Round 1 : Le choc visuel et architectural
Soyons honnêtes, les deux lieux sont d’une beauté à couper le souffle. Mais ils ne jouent pas exactement dans la même catégorie visuelle.
Santorin : La dramaturgie volcanique
La force de Santorin (et spécifiquement des villages d’Oia et Fira), c’est sa géographie. L’île est le reste d’une explosion volcanique. Les villages sont accrochés au bord d’une falaise vertigineuse (la caldeira) qui tombe à pic dans la mer. C’est spectaculaire, dramatique, presque irréel. Les fameux dômes bleus des églises orthodoxes sont la cerise sur le gâteau de ce paysage unique au monde.
Sidi Bou Saïd : Le charme arabo-andalou raffiné
De notre côté, Sidi Bou Saïd joue une partition plus douce, plus raffinée. L’héritage n’est pas volcanique, il est arabo-andalou. La beauté ici réside dans les détails que Santorin n’a pas.
- Les portes cloutées : Ces incroyables portes bleues, décorées de motifs géométriques noirs réalisés avec des clous, sont des œuvres d’art uniques.
- Les moucharabiehs : Ces balcons en bois tourné, peints en bleu, qui permettent de voir sans être vu. Ils ajoutent une texture et une élégance orientale que les lignes épurées grecques n’ont pas.
- La végétation : Sidi Bou Saïd est un jardin. Les bougainvilliers fuchsia, les jasmins odorants et les géraniums rouges explosent sur les murs blancs. C’est plus vivant, plus organique.
Verdict du Round 1 : Égalité. Santorin gagne sur le panorama dramatique, Sidi Bou Saïd gagne sur les détails architecturaux et la chaleur visuelle.
Round 2 : L’Authenticité à l’épreuve d’Instagram
C’est ici que le match bascule. La beauté est une chose, l’expérience en est une autre. Et sur ce point, les deux destinations ont pris des chemins très différents.
Santorin : Le parc d’attractions pour influenceurs
Il faut dire la vérité sur Santorin en juillet-août : c’est l’enfer. Le village d’Oia est tellement saturé qu’il faut faire la queue 45 minutes pour prendre LA photo au point de vue du coucher de soleil. Les ruelles sont bloquées par des marées humaines descendues des paquebots de croisière.
C’est magnifique, mais c’est devenu un décor de cinéma. Il est très difficile d’y trouver une vie locale authentique. Tout est pensé, tarifé et organisé pour le touriste de passage qui veut sa photo.
Sidi Bou Saïd : L’âme qui résiste encore
On ne va pas se mentir, Sidi Bou Saïd est aussi très touristique, surtout le week-end. La rue principale qui monte vers le Café des Nattes est noire de monde. Mais la différence est fondamentale : c’est aussi un lieu de vie pour les locaux.
Les Tunisois y viennent le dimanche pour manger un bambalouni. Des artistes y vivent encore. Si vous sortez de la rue principale et que vous vous perdez dans les ruelles adjacentes, vous retrouvez un calme absolu, des chats qui dorment au soleil, et le vrai rythme de la vie tunisienne. Il y a une “patine”, une odeur de jasmin et de thé à la menthe que Santorin a perdu au profit de l’odeur de la crème solaire.
Verdict du Round 2 : Victoire écrasante pour Sidi Bou Saïd sur l’authenticité.
Round 3 : Le Budget (Le K.O. technique)
Si les deux lieux se ressemblent en photo, ils ne se ressemblent absolument pas au moment de payer l’addition. C’est souvent le facteur décisif.
Le prix du rêve grec
Santorin est devenue une destination de luxe, voire d’ultra-luxe. Un hôtel avec vue sur la caldeira et petite piscine privée (“cave pool”) coûte facilement entre 500€ et 1500€… la nuit. Un cocktail face au coucher de soleil ? Comptez 25€. Un dîner correct pour deux ? Facilement 100€ à 150€.
La douceur tunisienne
À Sidi Bou Saïd, vous pouvez loger dans une magnifique maison d’hôtes traditionnelle (Dar) pour une fraction de ce prix (souvent entre 80€ et 150€ pour du très haut de gamme). Un thé aux pignons au Café des Nattes coûte quelques dinars. Un délicieux bambalouni chaud coûte moins d’un euro. Le rapport qualité-prix-beauté est tout simplement incomparable.
Verdict du Round 3 : Sidi Bou Saïd, par K.O.
Round 4 : L’Expérience culturelle (Au-delà de la photo)
Que fait-on une fois qu’on a pris la photo ?
À Santorin, on regarde le coucher de soleil, on dîne dans un restaurant chic, et on rentre à l’hôtel. L’expérience est très contemplative et tournée vers le luxe.
À Sidi Bou Saïd, l’expérience est plus sensorielle et culturelle. C’est le village des artistes, de Paul Klee à Macke, qui ont été fascinés par sa lumière. C’est monter les marches du mythique Café des Nattes (Kahoua El Alia), enlever ses chaussures, s’asseoir sur les nattes en paille, et siroter un thé en regardant passer le monde.
C’est aller manger au “Café des Délices” (rendu célèbre par Patrick Bruel) pour la vue incroyable sur le port, même si c’est un peu cliché. C’est visiter le palais Ennejma Ezzahra (la maison du Baron d’Erlanger), un joyau de l’architecture et de la musique arabe et méditerranéenne. Sidi Bou Saïd a une épaisseur historique et artistique plus palpable.
Conclusion : Arrêtons les complexes !
Alors, Sidi Bou Saïd est-il le “Santorin tunisien” ? Non. Il est temps d’arrêter cette comparaison qui nous diminue. Sidi Bou Saïd est Sidi Bou Saïd. Point.
Santorin est une superstar mondiale, spectaculaire, luxueuse, mais victime de son succès, devenue une coquille un peu vide et hors de prix. Sidi Bou Saïd est une perle plus humaine, plus vivante, plus parfumée, plus accessible, et architecturalement plus riche dans ses détails.
Si vous cherchez le luxe absolu et le drame géologique pour votre lune de miel et que vous avez un budget illimité, Santorin reste imbattable. Mais si vous cherchez le charme, l’authenticité, la chaleur humaine et une beauté qui ne vous ruine pas, notre village bleu et blanc n’a de leçons à recevoir de personne. Soyons fiers de notre bijou, il est unique au monde.
Et vous, vous êtes team Santorin ou team Sidi Bou ? Avez-vous visité les deux ? Pensez-vous que notre perle nationale est sous-cotée ? Donnez-nous votre avis tranché en commentaire !

















