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Les anciens djihadistes de Daesh au Maroc : inquiétude pour leur famille

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Ancien djihadiste de Daesh au Maroc en discussion avec sa famille

Le retour des anciens combattants du djihadisme à la vie civile est une préoccupation grandissante dans les pays du Maghreb. Au Maroc, c’est particulièrement vrai pour les familles qui ont vu leurs proches revenir de Syrie ou de l’Irak après avoir combattu pour l’État islamique. Mais comment vivent-ils maintenant ? Et quelles sont les préoccupations des membres de leur famille ?

Le retour aux sources : la vie quotidienne d’un ancien combattant

Une enquête du journal français Le Monde a permis de suivre la vie d’un ancien combattant marocain qui a quitté l’État islamique en 2017. Depuis son retour, il vit à Casablanca, travaille comme ouvrier et suit régulièrement les mosquées locales pour nourrir sa foi.

  • Un retour discret : « Je ne parle jamais de ma vie passée aux gens. Quand on me demande où j’ai travaillé, je dis que c’est une usine en Tunisie », raconte-t-il
  • La vie quotidienne : « Mon travail est dur mais je suis heureux de pouvoir m’occuper de mes enfants et mon épouse. Nous vivons tranquillement, avec des voisins sympathiques »
  • Les relations familiales : « Mon frère et ma sœur n’ont jamais cessé de me soutenir. Ils ont toujours cru en moi et ont essayé de m’aider depuis le début. C’est une joie pour moi de pouvoir leur rendre visite régulièrement »

La question des paiements

Le retour des anciens combattants du djihadisme est un sujet sensible dans les milieux politiques marocains. La question des paiements, promises par l’État islamique aux anciens combattants pour leurs services militaires, a été le sujet de nombreuses discussions.

  • Le manque de transparence : « Il est difficile d’obtenir des informations sur les paiements à destination des anciens combattants. Les autorités n’ont jamais révélé leur identité, ni la nature du soutien financier qui leur a été accordé », explique un porte-parole des services de renseignement marocains
  • Les pressions politiques : « Les anciens combattants sont souvent pris pour cibles par les oppositions politiques. Il est important que l’État assure une protection efficace et un soutien financier à leur intégration dans la société », ajoute un responsable de l’intérieur

La vie des familles des anciens combattants

La vie des familles des anciens combattants du djihadisme est souvent marquée par une inquiétude permanente. Le retour de leur proche à la vie civile ne signifie pas pour autant que tous les dangers sont dissipés.

  • La stigmatisation : « Nous sommes toujours harcelés, accusés d’être les parents des terroristes. C’est très dur pour nous et pour nos enfants », déplore une mère de Casablanca
  • Les menaces : « Certains membres de la communauté sont hostiles à l’égard des familles des anciens combattants. Il y a eu des menaces, voire des agressions physiques à leur encontre », ajoute un responsable de la police
  • Le soutien : « Nous avons besoin d’un soutien moral et matériel pour nous aider à gérer ces difficultés. Les autorités doivent nous entendre et nous aider à nous réconcilier avec nos proches », conclut une autre mère

La voix des femmes maghrébines

Les anciens combattants du djihadisme ne sont pas les seuls à vivre dans l’inquiétude et la stigmatisation. Les femmes maghrébines qui ont accompagné leurs proches en Syrie ou en Irak ont également fait face à des difficultés considérables.

  • La vie dans les camps de réfugiés : « Je n’avais pas d’argent, pas de travail, rien. Les conditions étaient très difficiles dans le camp de réfugiés », explique une femme tunisienne
  • Le retour au pays : « Mon mari est revenu du djihadisme et a été condamné pour ses activités militantes. Nous avons tout perdu, notre maison, nos biens, notre argent. Je cherche maintenant à récupérer notre vie », ajoute une femme marocaine

Conclusion

Le retour des anciens combattants du djihadisme est un sujet sensible et complexe pour les pays du Maghreb. Les familles des anciens combattants doivent faire face à de nombreuses difficultés, notamment la stigmatisation, la discrimination et le manque de soutien financier.

  • Le rôle des autorités : « Nous devons agir pour protéger les familles des anciens combattants. Il est important de répondre à leurs besoins et de leur offrir un soutien moral et matériel », explique un responsable de la police
  • Le rôle des communautés : « Nous devons être ouverts à ceux qui ont fait une erreur, mais nous ne doivent pas les excuser pour leurs actions. Ils doivent prendre leur responsabilité et s’engager dans le processus de réadaptation », conclut un représentant d’une association culturelle