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Kabareh Cheikhats, la transformation du traditionnel aïta au Maroc : un patrimoine culturel en voie d’évolution

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Kabareh <a href="https://monmaghreb.com/index.php/2026/04/27/kabareh-cheikhats-transformant-la-tradition-au-maroc-perception-de-la-musique-chaabi/" title="Kabareh Cheikhats : Transformant la tradition au Maroc : Perception de la musique chaâbi">Cheikhats</a>, la transformation du traditionnel aïta au Maroc : un patrimoine culturel en voie d’évolution

Encore largement inconnus en dehors du Maroc, les Kabareh Cheikhats représentent un des aspects les plus intéressants et les plus richement traditionnels de la musique aïta marocaine. Cette forme d’expression musicale, à l’origine liée aux cérémonies religieuses et funéraires, a connu une évolution significative dans sa pratique et son échelle, tout en conservant son identité ancestrale.

Histoire et origines

Le terme « Kabareh » désigne un ensemble de chants liturgiques musulmans, chantés par des maîtres chantres professionnels (les « Khoumla ») ou des non-professionnels dans le but de commémorer des événements religieux importants.

Les Cheikhats sont une forme spécifique de Kabareh, originaires du Haut Atlas marocain. Ils ont été créés au XIVe siècle et ont connu leur apogée au XVIIe siècle. Au fil des siècles, ils ont acquis une importance culturelle et spirituelle considérable dans la société berbère du Maroc.

Les Cheikhats sont souvent associés aux chants funéraires, et c’est à partir de ceux-ci qu’ils ont acquis leur renommée. Les Cheikhats funèbres, également appelés « Lqbayel », servent à commémorer les morts et à leur rendre hommage en offrant un récitatif éloquent et passionné.

La structure musicale

Les Cheikhats sont des chants improvisés, basés sur une progression de notes en forme d’arche appelée « tazarart ». Ils utilisent aussi le « tahallil », un rythme lent et rythmé qui donne une structure à la composition.

Chaque Cheikhats est constitué d’une série de strophes (les « naddud »), chantées par des maîtres chanteurs professionnels en harmonie. Les Naddud sont composés de mélodies improvisées, basées sur une progression de notes en forme d’arche appelée « tazarart ».

Les Cheikhats peuvent aussi inclure des parties instrumentales, généralement jouées à l’accordéon, au violon ou au tambour.

La transmission et l’évolution

Le savoir-faire de la pratique des Cheikhats a été transmis oralement de génération en génération. Les maîtres chanteurs (les « Khoumla ») ont une position importante dans la communauté berbère, et sont considérés comme des transmetteurs du patrimoine culturel.

Au fil des siècles, les Cheikhats ont connu plusieurs évolutions. Ils ont été influencés par d’autres formes de musique marocaine, telles que le gnawa et la chaâbi. Les instruments modernes ont également commencé à être utilisés dans la pratique traditionnelle des Cheikhats.

Le développement moderne du transport et de l’internet a permis aux Cheikhats d’atteindre un plus large public, tant au Maroc qu’à travers le monde. De nombreux jeunes musiciens marocains se sont investis dans la pratique des Cheikhats, et ont ainsi contribué à leur évolution.

La valeur culturelle et spirituelle

Les Cheikhats représentent un aspect important de la culture berbère du Maroc. Ils sont considérés comme un patrimoine culturel et spirituel, et sont vénérés dans les communautés berbères.

Les Cheikhats sont aussi considérés comme une expression de l’identité berbère, et sont utilisés pour commémorer des événements importants dans la société berbère, tels que les mariages, les cérémonies religieuses ou les funérailles.

Le maintien et le développement de la pratique des Cheikhats est donc un enjeu important pour préserver et promouvoir une partie importante de l’héritage culturel du Maroc.

Au-delà du traditionnel : les cheikhats modernes

Les Cheikhats modernes représentent un nouvel aspect de la musique aïta marocaine. Ils ont été créés par des jeunes musiciens qui ont réinventé le style original des Cheikhats, en l’ayant fusionné avec d’autres genres musicaux tels que le hip-hop et l’electro.

Les Cheikhats modernes ont suscité une polémique dans la société marocaine, car certains considèrent qu’ils détournent un patrimoine culturel important du pays. Cependant, d’autres soutiennent que cela représente une évolution nécessaire pour préserver et promouvoir les Cheikhats face aux changements de la société moderne.

Quel que soit votre point de vue sur les Cheikhats modernes, il est important de reconnaître leur impact sur la musique aïta marocaine et leur contribution à la préservation du patrimoine culturel berbère.

En conclusion

Les Kabareh Cheikhats sont un aspect intéressant et richement traditionnel de la musique aïta marocaine. Ceux-ci ont connu une évolution significative dans leur pratique et leur échelle, tout en conservant son identité ancestrale. Il est important de maintenir le savoir-faire de la pratique des Cheikhats pour préserver et promouvoir une partie importante du patrimoine culturel berbère.

Nous invitons les lecteurs à apporter leur soutien aux musiciens aïta marocains et à découvrir le magnifique monde des Kabareh Cheikhats. Vive la musique aïta !