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Hannibal Barca : La Foudre Tunisienne qui a fait trembler Rome et Humilié l’Empire Colonial Avant l’Heure

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Hannibal Barca : La Foudre Tunisienne qui a fait trembler Rome

Partie 3 : Cannes, Le Jour où Rome est Morte

2 août 216 avant J.-C.

Ce matin-là, Rome pensait en finir. Lassée de ce général insaisissable qui se jouait d’elle depuis deux ans, la République avait décidé d’écraser la mouche avec un marteau géant. Les consuls romains avaient rassemblé la plus grande armée jamais vue : 86 000 hommes. Une marée d’acier, lourde, disciplinée, conçue pour avancer tout droit et broyer tout sur son passage.

En face, Hannibal disposait de 50 000 hommes. Sur le papier, c’était un suicide. Mais Hannibal ne jouait pas selon les règles romaines. Il savait que la force brute est inutile si elle frappe dans le vide. Ce jour-là, il n’a pas seulement gagné une bataille ; il a donné au monde une leçon de judo stratégique qui est encore enseignée dans toutes les académies militaires, de West Point à Saint-Cyr.

Une Armée de la Diversité : La Force de la Mosaïque

Avant de parler de la tactique, regardons ceux qui composaient les rangs d’Hannibal. C’est ici que l’histoire résonne puissamment avec notre réalité actuelle. L’armée d’Hannibal n’était pas un bloc uniforme. C’était une coalition internationale, un assemblage hétéroclite de langues, de dieux et de styles de combat.

Il y avait les Numides (les ancêtres des Algériens et Tunisiens actuels), cavaliers sans égal, montant à cru, rapides comme le vent. Il y avait les infanteries lourdes libyennes, disciplinées et solides. Il y avait les frondeurs des Baléares, les épéistes Gaulois au torse nu, et les Ibères d’Espagne.

Comment faire tenir ensemble des hommes qui ne parlent pas la même langue ? C’est là tout le génie de meneur d’hommes d’Hannibal. Il n’a pas cherché à les “romaniser” ou à effacer leurs différences. Au contraire, il a utilisé la spécificité de chaque culture comme une arme tactique. Il a fait de cette diversité une force de frappe cohérente. C’est une métaphore puissante pour la diaspora maghrébine d’aujourd’hui : nos origines diverses ne sont pas une faiblesse, elles sont notre arsenal, pour peu qu’une vision commune nous unisse.

Le Chef-d’œuvre : Le Piège se Referme

Le plan de bataille de Cannes est d’une beauté terrifiante. Hannibal sait que le centre romain est surpuissant. Alors, il leur offre ce qu’ils veulent.

Il dispose ses troupes en arc de cercle convexe (bombé vers l’ennemi). Au centre, il place les Gaulois, qu’il sait moins disciplinés, avec ordre de reculer lentement sous le choc, mais sans rompre. Sur les ailes, il place ses troupes d’élite africaines.

Les légions romaines chargent. Le choc est colossal. Le centre gaulois plie. Les Romains, ivres de confiance, s’engouffrent dans la brèche, croyant la victoire acquise. Ils avancent, encore et encore. Sans s’en rendre compte, l’arc de cercle s’est inversé. Il est devenu concave. Les Romains ne percent pas les lignes ; ils entrent dans un sac.

Soudain, le piège claque.

Les fantassins libyens, positionnés sur les côtés, pivotent et attaquent les flancs romains désormais exposés. Les légionnaires sont comprimés. Ils sont si serrés les uns contre les autres qu’ils ne peuvent même plus lever leurs bras pour frapper. La panique s’installe.

C’est alors que la cavalerie numide, qui a balayé la cavalerie romaine au large, revient par l’arrière. Le cercle est fermé. Le fameux “Double Enveloppement” est achevé.

La Moisson des Anneaux

Ce qui suit n’est plus une bataille, c’est une exécution industrielle. Durant des heures, sous le soleil implacable de l’Italie du Sud, l’armée de la diversité taille en pièces l’orgueil romain.

Le bilan est apocalyptique : 70 000 Romains gisent au sol au coucher du soleil. Parmi eux, un consul, deux questeurs, 29 tribuns militaires et 80 sénateurs (l’élite politique de Rome). C’est comme si, en une journée, un pays perdait l’intégralité de son parlement et de son état-major.

Pour prouver sa victoire à Carthage, Hannibal ne renvoie pas des têtes, mais des ors. Il fait ramasser les anneaux d’or (signes de noblesse) sur les doigts des aristocrates romains tués. On raconte qu’il en a envoyé un boisseau entier (environ 200 litres) à Carthage et l’a déversé sur le sol du Sénat.

Ce jour-là, Rome a tremblé comme jamais dans son histoire. La “Foudre” avait frappé en plein cœur. Hannibal avait prouvé qu’une armée venue d’Afrique, composée de “barbares” aux yeux de Rome, était supérieure à la machine de guerre latine. Cannes n’était pas seulement une victoire militaire ; c’était une victoire civilisationnelle.


À suivre dans la Partie 4 : Le Suffète, L’Homme d’État qui a dit Non à la Corruption…